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Bonjour,

Il fut un temps où quand on faisait de l’informatique, on faisait de l’informatique binaire et ou parlait de bits (b).

Ensuite, on a commencé à parler d’octets. Puis nous avons continué à parler d’octets (8 bits) alors même que les architectures d’ordinateurs travaillaient par paquets d’octets ou paquets de bits de taille supérieure à l’octet, mais toujours en multiples de l’octet :

  • architectures 16 bits (2 octets) ;
  • architectures 32 bits (4 octets) ;
  • architectures 64 bits (8 octets) comme c’est le cas pour la plupart des ordinateurs et autres terminaux que nous utilisons aujourd’hui (juin 2020).

Du coup, on parlait en multiples de 2, toujours :

  • 1 bit ;
  • 1 octet, soit 8 bits, soit 256 valeurs possibles entre 0 et 255 ;
  • 2 octets, soit 16 bits, soit 65 536 valeurs possibles entre 0 et 65 535.

Dans cette même logique binaire, pour compter les plus grands nombres de bits, les humains ont inventé des unités de comptage binaires (et non décimales, car cela correspondait plus naturellement à la réalité « physique » de ce qu’ils faisaient) :

  • 1 octet ;
  • 1 kilo octets = 1 ko (noté comme cela à l’époque) = 1024 octets
    Pourquoi 1024 ? parce que toujours cette logique du multiple de 2 et donc 2 puissance 10 octets (2^10 ou 210 octets) ;
  • 1 méga octets = 1 Mo (noté comme cela à l’époque) = 1024 ko
    Soit 1024 x 1024 octets = 1 048 576 octets

    2 puissance 20 (2^20 ou 220 octets) ;
  • 1 giga octets = 1 Go (noté comme cela à l’époque) = 1024 Mo
    Soit 1024 x 1024 x 1024 octets = 1 073 741 824 octets

    2 puissance 30 octets (2^30 ou 230 octets) ;

Tout allait bien dans le meilleur des mondes ?
Pas sûr, car beaucoup ne comprenaient pas ces modes de calcul, se trompaient voire inventaient des notations (dont le Mio).

En tous cas, c’était clair pour ceux qui versaient dans ces technologies et qui en passaient par la formation à ces notions.

En 1998, l’IEC (International Electrotechnichal Commission = Commission Internationale de l’électrotechnique) a décidé de « revenir au bon vieux décimal ».

Et c’est là que ça s’est compliqué.

En effet, ils ont conservé les mêmes notations (ko, Mo, To). À compter de cette décision :

  • ko voulait toujours dire kilo octets, mais en décimal, soit 1 000 octets (et non plus 1024 octets) ;
  • Mo voulait toujours dire méga octets, mais en décimal, soit 1 000 000 octets ;
  • To voulait toujours dire téra octets, mais en décimal, soit 1 000 000 000 octets.

Les « anciens » comptages (binaires) se sont nommés et notés autrement. On notera au passage le K majuscule (comme en anglais) dans l’unité abbrégée :

  • 1 024 octets = 1 Kio = 1 kibioctet = 1 kilo binaire octets ;
  • 1 048 576 octets = 1 Mio = 1 mébioctet = 1 méga binaire octets ;
  • 1 073 741 824 octets = 1 Gio = 1 gibioctet = 1 giga binaire octets.

Pourquoi cette décision a-t-elle, à mon avis, compliqué les choses (au lieu de les simplifier) ?

Des millions de personnes ont été formées dans l’ « ancienne » nomenclature, et n’ont pas – pas encore pour certaines – intégré la nouvelle ni la nuance sémantique entre Mo et Mio. Du coup, on a parfois du mal à savoir si la donnée est fiable. Sans parler des possibles erreurs d’interprétation lorsque l’on consulte des articles écrits comme il faut, mais avant 1998.

D’autant que avaient déjà commencé à noté méga « Mi », par erreur, confondant à l’époque le méga binaire avec le million (d’où le Mi).

Bref, ça n’est pas si simple.

Par ailleurs, n’oublions pas que les systèmes informatiques ont besoin d’utiliser un peu de l’espace utile d’un support physique pour travailler et notamment déposer des informations importantes et la table d’adressage. Du coup, beaucoup de personnes se mélangent un peu les pinceaux dans tout ça et ne comprennent pas véritablement la capacité de stockage qu’elles achètent.

Le saviez vous ?

En anglais octet se dit « byte » et s’écrit « B » (majuscule), bit se dit « bit » et s’écrit « b » (minuscule), à ne pas confondre avec le barn (1). le système d’unités internationales recommande de l’écrire en entier, « bit », d’autant qu’il est l’abbréviation de « binary digit« .

Les mêmes conventions s’appliquent au bit qu’à l’octet.

En conclusion

On aurait pu, et sous doute dû, en rester au « bit » et au bon vieux système décimal. C’eut été plus simple à gérer, je pense.

Bon courage et restez attentif·ve donc.

À votre service,

Marc(o) JESTIN

(1) barn : unité d’aire employée spécialement en physique nucléaire et en physique des particules pour exprimer les sections efficaces. Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Barn


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